La mode, la mode, la mode

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Margaux tient un journal. Son journal d’amants. Depuis plusieurs années, elle prend soin d’y lister ses conquêtes. A côté de chaque mec, elle écrit un mot pour résumer leur histoire. Pour Paul, elle a marqué en gros et en rouge CINGLE. Et c’est peu de le dire.

Paul est directeur de création d’une grande marque. Comme tous les types de la mode, il est complètement frappé. Y a qu’à le voir habillé en pleine journée, ça suffit à comprendre que ce mec a un vrai problème. Je ne vous parle même pas de sa dégaine en pleine Fashion week, mes yeux saignent déjà, un peu comme devant une pub Desigual.

Mais puisque le ridicule ne tue pas, Paul et ses compatriotes nous donnent régulièrement dans le mi-hipster, mi-gothique, mi-skateur, mi-bordel. « Attends, ma chérie, c’est over looké la veste de pyjama sur un 7/8ème en cuir Margiela ! » – Ok, mec, laisse-moi tranquille et passe-moi mon jean Zara –

Margaux le rencontre à l’occasion de je ne sais plus quel after show, de quel défilé. « Mais voyons, ma chérie, si ! C’était la party Olivier Rousteing après son premier show pour Balmain ! » – Promis Rain Man, je m’en souviendrai – D’habitude, Margaux n’est pas très branchée modeux mais lui, il a un truc en plus. Il faut dire que, malgré son apparence de taré, Paul est un petit génie. Il a réussi à s’imposer dans le milieu, et est déjà adoubé par plusieurs grands couturiers.

Finalement, la soirée Olivier Rousteing est « boring ». Il lui propose de filer à la party ACNE au Silencio, avec un peu de chance y aura John Galliano ivre mort en train d’insulter des Juifs, des Noirs, des Arabes, des femmes et des hétéros.

Au moment où ils arrivent devant la voiture de Margaux pour rejoindre le Silencio, un mec passe et enfonce son rétro. Elle s’apprête à lui hurler dessus et éventuellement, à lui casser la gueule, mais Paul la devance : « Hey enculé, reviens, je vais te planter un stylo quatre couleurs dans la carotide ! » Voilà. Vous auriez certainement insulté cette personne, peut-être même sa mère, voire sa famille au grand complet, mais lui n’a pas le temps, il passe directement à la case psychopathe. Margaux est prise d’un fou rire nerveux. Elle tente de le calmer. Et décide de rentrer dormir, le mec est un peu trop instable, là.

Des semaines plus tard, elle le croise au Baron. En se faisant la bise, ils comprennent qu’ils ne vont pas se la faire longtemps. Ils boivent des coups et Paul lui propose de lui faire « visiter » son showroom, à deux pas d’ici. Margaux accepte, baiser au milieu d’un tas de vêtements, c’est une première pour elle.

A peine arrivée, Paul lui saute dessus. Mais à peine commencent-ils à faire leur petite affaire qu’il s’arrête net :

– « Je peux te demander un truc ? »

Margaux a envie de le gifler. On ne s’arrête pas comme ça. On prévient, on demande, et d’ailleurs non, on ne demande rien, on ferme sa gueule et on continue.

– « Oui, mais dépêche-toi!!! »

– « Je voudrais que tu t’assoies sur mon visage. »

Là, c’est le moment où on voudrait filmer la scène, ou mieux que nos copines soient là. Ouais, vraiment, on voudrait qu’elles soient avec nous pour se marrer jusqu’à se faire pipi dessus. Pour dire à ce mec : « Mais qu’est ce qui se passe dans ta tête de décérébré pour me demander un truc pareil, bordel ?! » Margaux reste figée. « Tu vois son gabarit ? Tu vois mon cul ? Ben, imagine ! »

L’avantage de s’asseoir sur son visage, c’est qu’au moins, il aurait fini par la fermer, sa gueule.

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