Dick ta mère

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Charlotte est ce qu’on appelle une fille casanière. La faire sortir de chez elle un samedi soir, c’est déjà chaud, alors, un soir de semaine, c’est même pas la peine d’y penser. Elle, c’est plus le style pieu, télé, pétard, bouffe et re-pétard. Ce qui est un programme tout à fait respectable, cela dit.

Mais Charlotte a un métier qui l’oblige de temps en temps à sortir. C’est pourquoi elle se retrouve parfois autour d’une table de boîte de nuit, à devoir faire la causette sous 120 décibels à des types qui ont 4 grammes dans le sang. Ce qui a quand même l’avantage de lui faire signer pas mal de contrats.

Et ce soir, la voilà repartie à discuter boulot avec des crèves-la-dalle qui matent du nibard en grognant.

Au moment où elle hésite entre se taillader les veines ou leur faire bouffer son contrat, un type s’approche et engage la conversation. Elle reste d’abord figée, le mec est sublime. Elle se demande ce qu’il peut bien lui vouloir, mais apparemment, rien d’autre que d’apprendre à la connaître.

Les minutes s’écoulent, l’heure passe, Charlotte ne décroche pas de ses mots, de ses yeux, de sa bouche. Dieu qu’il est beau. Alors, quand il lui propose de passer le reste de la nuit ensemble, Charlotte accepte. Et oublie son contrat.

Pour être franche, au départ, aucune d’entre nous ne l’a crue. Et puis, quand elle a juré sur la vie de sa dernière tête de weed, on a hurlé. On a failli faire la danse du feu, je vous jure. Charlotte qui se tape un coup d’un soir, c’est à peu près aussi probable que moi, ingénieur à la NASA.

Mais elle reste quand même hyper évasive sur le déroulement de sa nuit.

« Je suis arrivée chez lui, on a bu un verre, l’appart était cool et puis le lendemain… ».

Retour en arrière, Charlotte. On est des filles, on veut tout savoir. Tout. Les détails, ce qu’il t’a fait, ce qu’il t’a dit, pourquoi, comment, à quel moment, à quelle heure, rien ne doit être éludé. On a tout notre temps. Maintenant, parle.

Elle se met à rougir.

« En fait, on l’a fait treize fois, enfin, sans compter sous la douche du matin ».

Fou-rire général. La meuf se terre chez elle depuis qu’elle est née et elle tombe sur queutard en folie, du premier coup. La vie est injuste.

« Non mais rigolez pas ! A la fin, j’en pouvais plus. Il s’est buté au viagra ou il a une bite en bois mais c’est pas humain, je vous jure ».

Ça ne l’empêche pourtant pas de le revoir. Une telle machine, c’est comme bébé, on ne la laisse pas dans un coin. Pas de gâchis, on exploite tout ce qu’il y a à exploiter. Les jours passent, l’endurance reste. Pénis de feu est inépuisable. Partout, tout le temps, matin, midi, soir, le mec est toujours chaud. Et Charlotte, à côté, frôle le coma.

« Vous ne vous rendez pas compte : on ne parle pas, on ne sort pas, on ne boit pas, on baise. »

C’est ce qu’on appelle un plan-cul Charlotte. Un plan-cul hyper actif.

Un mois à ce rythme. Pénis de feu se résout à l’inviter à dîner. Il a envie d’officialiser les choses. Charlotte, la prude, va bientôt publiquement sortir avec le plus gros baiseur de France. Tout compte fait, la vie est géniale.

En attendant leur table, elle voit bien les regards sur lui. Il est beau, il a de la présence, elle se dit qu’elle a de la chance. Et puis, faut pas déconner, elle ne peut pas reprocher à un mec d’avoir envie de la sauter tout le temps. Même si tout le temps, c’est 23h sur 24.

Au moment où ils se dirigent vers leur table, une nana fonce droit sur lui.

« C’est un peu déplacé de te dire ça, parce qu’il y a mon mari là-bas, mais je regarde souvent tes vidéos… ».

Charlotte stoppe net. Pénis de feu la regarde embarrassé. Elle n’a jamais pensé à lui demander ce qu’il faisait dans la vie, trop occupée à s’envoyer en l’air jour et nuit. Elle a sa réponse. Le mec est pornstar. De haut niveau. Le Zlatan de la turlutte. Le Maradona de la galipette. Le Messi du plumard.

Elle attendra la fin du dîner pour le quitter, lui et son engin diabolique.


Parce qu’en plein dîner, le « tu fais quoi dans la vie ? », « ben moi je baise », c’est difficilement assumable.

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