Un éléphant, ça trompe énormément

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– « Léa, j’ai besoin d’une histoire pour le blog, t’en as une? »

– « Ouais, laquelle tu veux ? »

– « La mieux. »

– « Ben tu me connais, j’ai pas mal de pépites ! Alors, laisse-moi réfléchir… y a celle du mec qui me donnait des roustes en dormant qui est pas mal. Quoique le berger vaut le détour aussi… Et le collectionneur de briquets, ça peut-être drôle. Ah mais non, je sais : Tupac !!! »

Tupac – à prononcer comme le rappeur – Comment ai-je pu oublier ce mec ?  Comment ai-je pu ne pas me souvenir de cette histoire? Un mec qui s’appelle vraiment comme ça (vérification de passeport faite), on n’a pas le droit de l’oublier. C’est péché.

Fortaleza, Brésil. Léa vit une petite histoire avec un vendeur de fallafel, qui s’est manifestement perdu ou trop perché pour se rendre compte que la pita n’est pas vraiment la denrée locale. Au bout de quelques jours, le mec met fin à leur relation. Léa est dégoûtée.

« Quand tu viens tous les ans, et que tu t’es déjà tapé les dix mecs du village, y a plus grand chose à grailler après… »

Et c’est là que Tupac arrive. Ça fait plusieurs années qu’ils se croisent et qu’il essaie de lui parler, en vain. Il profite de sa déprime passagère pour l’inviter à dîner. Elle accepte, justement parce qu’elle est déprimée.

Le soir venu, il a mis un costard et des pompes bout carré. A Paris, c’est déjà dur, mais au pays de la Havaianas, par + 1000 degrés, c’est la taule direct. Faut savoir que Tupac est un Rital à moustache et chaîne en or, façon Freddy Mercury qui aurait tourné dans un porno des années 80. Rajoutez à ça ses pompes, et Léa a la gerbe avant même d’avoir commencé à dîner.

Et le type cumule. Il lui sort le grand jeu du type in love : Chris Rea en fond sonore, bougies senteur chiottes et fleurs en plastoc sur la table. Léa ne demandait qu’à se mettre une mine, elle se retrouve à dîner avec un type qui a envie de lui chanter du Zucchero. Oui, la vie est une pute.

Pendant des jours, il ne la lâche pas. Il fait tout pour la séduire. Et ce qui doit arriver, arrive. Un soir, Léa finit dans sa piaule, façon cabane en bois à 3 réal par jour, avec mur qui s’étiole et copain cafard qui se la coule douce. Elle a même le droit à la baise en italien, version relou Napolitain. Et vas-y que j’en fais des tonnes, je m’arrête, je te regarde dans les yeux, je me mate dans la glace, et je repars, juste pour toi, bella ragazza.

Et ce n’est pas tout ce qu’il partage avec ses congénères italiens. Il a un autre truc en commun avec Rocco Siffredi. Du genre anaconda.

Les jours passent, Léa ne le supporte plus, ni lui, ni ce qu’il a dans son caleçon. Non, parce que, sérieusement, c’est pas humain un engin pareil. Alors, chaque soir, elle a mal à la tête, elle a ses règles, c’est la pleine lune ou elle est dans un mauvais karma. Au choix.

Et plus Léa le repousse, plus le mec devient fou d’elle. Il lui achète même une chevalière rouge, qu’il décline en vert pour lui, c’est sa façon de lui déclarer sa flamme et d’officialiser leur couple.

Un soir, fête sur la plage, Léa picole pour oublier sa putain de chevalière et, accessoirement, le type qui la lui a offerte, quand le vendeur de fallafel débarque. Il lui offre un verre. Une tequila, mon ami, là, j’ai besoin d’un coma éthylique pour oublier le sens de ma vie. Mais Tupac rapplique. Et cogne le mec direct, en bon macho rital et demeuré. Ça se bastonne comme des connards pour montrer qui a le plus de muscles que l’autre. C’en est trop pour Léa, elle se barre.

Quelques heures plus tard, elle n’a pas décoléré et décide d’aller régler son compte à Tupac. Quand elle arrive chez lui, le mec est en train de se finir à la téquila, avec une hache à ses jambes. Normal, quoi. Il veut buter le vendeur de fallafel et il s’est dit qu’une hache, ça laisserait peu de chance à l’adversaire. Pas si con, le Rital.

Léa tente de le raisonner. Tupac l’interrompt en sortant une chevalière bleue, qu’il avait gardé précieusement. « Viens, on part se marier au Machu Picchu ! ». La grande idée.

Léa regarde la hache. Le regarde lui. De nouveau la hache. La chevalière moche. La hache.

 « Euh, écoute tu me prends un peu de court là, on en discute demain. Dors, je rentre chez moi.»

Et là, il lui arrive la meilleure chose qu’il pouvait lui arriver. L’aubaine de fou. Quand elle rentre dans son bungalow, on lui a tapé quelques affaires et son passeport. Merci la vie. Adieu mariage.

Le lendemain, elle part d’urgence à l’ambassade de France à São Paulo. Salut Rital, bon vent avec ta double bite et ta hache. Je garde la chevalière en souvenir, hein.

Je vous passe l’immigration à São Paulo, et Léa, coincée entre Pedro, mule pour la mafia Colombienne et Manuel, sans papier Mexicain. Ça devait être un chouette moment.


A choisir, mieux vaut finir avec 10 réal et pas de passeport plutôt qu’avec un mec qui s’appelle Tupac.

 

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