Pédale Molle

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Tout commence pour une chine Facebook. Le classique «on a 53 amis en commun et comment ça se fait qu’on se connaît pas ?» A chier, quoi.
Manue n’est pas chaude pour répondre au type, mais bon, c’est l’hiver: il fait nuit à 16 heures, t’as quatre pulls, trois écharpes, une doudoune sur le dos et personne dans ton pieu. Donc, tu te lances. Parce qu’à Paris, ce merdier, ça peut durer le temps d’une grossesse et, à rester seule comme un rat, tu risques d’enfler comme si tu portais un gamin. Sauf que non, Dieu merci.

Quand elle le voit en vrai, Manue n’est pas déçue. Le mec est pas mal, sans être incroyable non plus, mais il est sympa, gentleman, et elle est tellement en galère que, même s’il était unijambiste, elle se laisserait tenter.

Ils se marrent en pensant à leur rencontre et décident d’un commun accord de refaire l’histoire. Désormais, ils ont eu un accident de voiture et, en faisant le constat, le mec serait tombé sous le charme. Il précisera même « elle m’est rentrée dedans » à plusieurs reprises, persuadé que sa vanne est d’un autre monde. Ok, Philippe Bouvard, pour la grosse déconnade, on se rappelle.

Et puis, elle finit par rencontrer ses potes et se rend compte que non seulement ses copains sont au top de la ringardise, mais que lui, c’est la victime du groupe. Y en a toujours un dans une bande, celui qui se fait charrier non-stop. Et ben voilà, le bouffon du roi, c’est son nouveau mec.

Au bout de 15 jours, le type décide de lui présenter sa mère. Descente d’organes. C’est qu’elle n’est même pas encore passée par la case baise, donc sa génitrice, ça aurait pu attendre quelques années, hein. Mais comme Manue n’a jamais su dire non, ben elle dit oui, la conne.

Comme le fils, la mère vaut le détour. Déjà, elle est créatrice de robes de cocktail. Rien que ça, ça me donne envie de gerber des Ferrero Rocher. Elle a un magasin boulevard Magenta, entre un tabac chinois et une boutique de perruques afro. Tu vois un peu le délire. Faut voir la robe de soirée version maman, en plus, ça envoie de la paillette, du strass et du lurex. Et ça peut rendre aveugle, aussi.

Le plus drôle, c’est qu’à chaque fois qu’on passe devant ce genre de boutique, on fait toujours la même vanne: « Elle est pas mal la robe de ta mère ! ». Sauf que là, c’est vraiment la robe de sa mère.

Rapidement, elle fait amie-amie avec Manue, lui envoie des messages et, cerise sur le gâteau : elle lui dessine une robe.
Imagine deux minutes les fringues de Diana Ross mixées avec celles de ta grand-mère tunisienne, et tu obtiens le modèle « Manue ». Parce que oui, elle a même poussé le truc jusqu’à donner des noms à ses créations.

Donc voilà, Manue en est là : à sortir avec une grosse victime qui ne la touche pas en dessous de la gorge et une presque belle-mère envahissante qui lui dessine des fringues de putes russes.

Au bout d’un mois et demi, le mec se décide enfin à passer la seconde. Et c’était prévisible : le type a un quart molle et règle l’affaire en une seconde trente. Ça valait bien la peine d’attendre. Mais, le lendemain, quand il lui demande de lui épiler le dos à la cire, Manue atteint son seuil de tolérance. Elle se barre et jure de ne jamais le revoir.

Seulement, quelques semaines plus tard, un peu éméchée, elle le croise. Et c’est le genre de soir où l’alcool te donne envie de te taper le premier venu. Même un arbre, t’es preneuse. Alors, elle se colle à lui et le chauffe comme un mec qui sort de quinze ans de mitard.

Mais là, le type lui sort la pire phrase au monde. Le genre de phrase que tu ne seras jamais prête à entendre.

« Je t’en supplie, arrête !!!»

Bim, prends-toi ça dans la gueule et va vomir ton égo. Ce soir-là, on a finalement compris : mère + cire + refus catégorique de baiser = le mec est gay. Y a pas d’autre alternative.


Quelqu’un se dévoue pour lui dire? Mais en robe à paillettes, s’il-vous-plaît.

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