Les mathématiques, c’est pas automatique

les mathématiques c'est pas automatique
Quand une fille se fait jeter par un mec, elle a un réflexe humain, certes, mais complètement demeuré, qui consiste à rappeler son ex. Comme si se faire lourder par un connard n’était pas suffisant, elle décide de rappeler le connard d’avant. Comme ça, pour voir.

Ce n’est pas une question de mémoire sélective, une fille n’oublie jamais rien. Elle ne croit pas que son ex, connard n°12, est devenu un type super, non. Elle sait parfaitement que c’est toujours une ordure, parce que, dans sa tête, elle tient un carnet de doléances. Une sorte d’historique de toutes les fois où il a merdé. Et elle a pris soin de tout bien noter. En gras ET en rouge.

En fait, si une fille rappelle son ex, ce n’est qu’une histoire de mathématiques. On sait qu’un connard + un connard, ça fait deux connards, faut pas nous prendre pour des débiles. Mais on se souvient aussi d’une autre règle. Une règle bien plus fourbe. Le – et – = +.

Ne cherchez pas à comprendre, c’est du calcul de meufs.

Voilà quelle a été la logique de Myriam, quand son grand amour, Enfoiré Ier, a décidé de la quitter. Passés les pleurs, les noms d’oiseaux et le t’es-plus-mon-ami-sur-Facebook, Myriam a rappelé feu-salaud-avant-dernier.

Rendez-vous pris pour boire un verre, et plus si affinités. Seulement, le type rapplique avec un pote. Ce qui, en langage humain, veut dire « je veux bien te revoir parce que t’es sympa mais alors j’ai pas du tout envie de te sauter ».

Heureusement, dans ce marasme de trous du cul et de briseurs de cœur, un halo d’espoir surgit. Cet espoir a deux bras, deux jambes, un sourire de diable et c’est le pote de son ex. – Preuve que la règle du plus, c’est pas si con –

En plus d’être drôle, le bien nommé Jules est particulièrement beau gosse. Deux qualités fort appréciables. Très vite, Myriam sent que le courant passe et décide qu’il sera son pansement. En gros, qu’il réglera ses peines d’ego par le sexe. Et ça, c’est de loin la meilleure chose qu’il puisse lui arriver.

Pendant quelques jours, Jules, le poète un brin mégalo mais attachant, lui envoie des messages romantiques. C’est bien mignon, mon grand mais le lyrisme et toutes ces conneries, Myriam s’en tape. Elle veut du cul, pas du love sur What’s app.
Il finit par comprendre et la semaine suivante, il l’invite à « visiter » son deux pièces sous les toits.

Mais alors qu’elle s’attend à un amant tendre, voire même un chouia trop sentimental, Myriam est sidérée. Et je pèse mes mots.

Je ne suis pas là pour juger les pratiques sexuelles des uns et des autres, chacun fait ce qu’il veut. Mais bon, y a des limites quand même.

Le type attaque les préliminaires en lui suçant les doigts de pieds, ce qui, en plus d’être une pratique discutable, est quelque chose de beaucoup trop intime pour une première fois. On ne lèche pas les pieds d’une personne qu’on ne connaît pas, bordel. D’ailleurs, si ça ne tenait qu’à moi, on ne lècherait les pieds de personne.

Partagée entre gêne et consternation, Myriam se tait. Elle se laisse gober l’orteil par un mec qu’elle prenait pour un de ces tarés bohèmes qui récite du Baudelaire pendant qu’il te baise.

Mais alors qu’elle pensait être arrivée au paroxysme de la pratique chelou, Jules fait preuve d’une imagination débordante.

« Je crois que c’est l’heure de la tétée »

Le type se met alors à lui gober le nibard comme un nourrisson. Mais qu’est-ce que tu fais mec ? Lâche mon mamelon bordel ! C’est ce que Myriam voulait crier. C’est ce que son cerveau, ses yeux, son corps entier hurlaient.


       « Mais je me suis laissée faire, c’était tellement bizarre que les mots ne sortaient plus ».

Le mec s’attaque ensuite à ses cheveux. Il les respire en soupirant. Il les caresse en frétillant des paupières. A un moment même, Myriam a l’impression qu’il en gobe un. Le type est sensé te baiser mais en fait, il te bouffe le bulbe. Normal.

Je ne suis vraiment pas là pour juger les pratiques sexuelles des uns et des autres. Mais les tarés, signalez-vous avant. Merci.

Et ça s’est arrêté là. Le mec a estimé qu’il avait rempli son devoir «amantal». C’est préférable, me direz-vous. Je n’aurais pas eu la foi d’écrire la suite. Myriam n’était pas très chaude non plus. Le temps de fumer une clope, elle se rhabille vite fait, prête à partir de la planque de Guy George au plus vite.

« Il vaut mieux que tu t’en ailles, parce que généralement, les filles qui couchent avec moi, rampent devant ma porte comme des paillassons pour que je continue ».

Myriam éclate de rire. Ça doit être ça, mec. Les filles rampent comme des paillassons. Mais pas pour que tu continues, juste pour que tu les laisses s’échapper. Espèce de taré.


Myriam a revu sa règle du plus. Elle a compris qu’un connard moins un autre, ça faisait connard puissance 2.

Publicités