La bourre est dans le pied

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La langue française a un problème avec le pied. Sérieux, elle te le place partout, tout le temps, pour rien. « J’ai pris mon pied hier », « sympa comme pied-à-terre », « il joue comme un pied », « elle est bête comme ses pieds » et j’en passe. Le pire restant « bon pied, bon œil », qui peut me faire quitter un dîner, fut-ce en tête-à-tête avec David Beckham.

J’ai bien essayé de comprendre ce qui a poussé des êtres humains éduqués à foutre du panard un peu partout, je reste perplexe. C’est quoi le délire? Ils se faisaient chier dans l’Antiquité alors les mecs ont décidé d’organiser une congrégation du iep. « Tiens et si on inventait des expressions bien pourries mais seulement avec le mot pied? T’en penses quoi Socrate? », « Super idée Sénèque, j’en ai déjà une: se lever du pied gauche, ça voudra dire que tu commences mal la journée ». Et les mecs t’ont balancé du pied en veux-tu, en voilà.

Et puis, esthétiquement, c’est quand même super laid, un pied. On dirait une main qui serait passée sous un huit tonnes. Y en a bien un ou deux qui se la racontent avec leurs beaux pieds, ce fameux pied grec, n’empêche que personne n’a jamais pécho grâce à ça. – si toutefois c’est le cas, vous savez où m’écrire –

Sur ce terrain-là, je dois avouer que je suis de très mauvaise foi. Parce que mes pieds, ils sont clairement plus à l’est de la Grèce. Genre en Yougoslavie. Ouais, c’est ça, des Yougoslaves qui seraient passés par Tchernobyl. En gros, si mes pieds étaient indépendants de mon corps, ils auraient été recrutés direct par des forains, juste après la femme à barbe et Elephant Man.

Alors, quand un matin Margaux m’a balancé de but en blanc “meuf, on a un sérieux problème de pied », j’ai acquiescé direct. Sauf que je n’étais pas préparée à ce que j’allais entendre.

La veille, on avait fêté mon anniversaire en grande pompe avec ce qu’il faut d’alcool pour faire pâlir une bande de Moscovites à Saint-Tropez.

Et quelques heures avant que la soirée ne débute, Margaux avait débarqué de deux semaines de vacances, fraîche et purgée, avec la ferme intention de ne pas rentrer seule. En 1, Nico, en 2, Medhi, en 3, Alex. Son plan établi, elle avait pu commencer à picoler sereinement, sûre de ne pas finir la soirée désœuvrée.

Mais quand Marco est arrivé, elle a revu ses plans sobres. Pour un plan alcoolisé qui envoie du bois.

-« C’est qui cette balle? »

-« Aucune idée. »

-« Il débarque à ton anniversaire et tu ne sais pas qui c’est? »

-« Je crois que c’est un pote de Medhi, tu sais, ton numéro 2 sur la liste. »

-« Bah, il vient de descendre en 3ème position, le Medhi ».

Margaux a alors appliqué notre devise de nuit: ce que connasse veut, connasse l’a. Et, effectivement, en deux temps, trois mouvements, Margaux la connasse était en train de se faire chatouiller les amygdales par Marco l’inconnu.

Jusqu’ici, tout va bien. Jusqu’ici tout va bien. Jusqu’ici tout va bien.

Ça a commencé à sérieusement merder quand ils sont rentrés chez elle. Naturellement, Margaux a filé sous la douche. Ses pieds avaient barboté dans la vodka et les mégots de cigarettes toute la soirée, ce ne serait pas une mauvaise idée de se décrasser le corps non plus.

Mais apparemment, l’hygiène n’est pas l’apanage de tout le monde vu la façon dont type a commencé à l’embrouiller. Comment ça tu te laves les pieds? T’es pas un peu tarée? Ils sont très bien couverts de terre! Un pied sale, c’est quand même hyper bandant.

Ok Georges Tron, calme-toi, pose ce pied immédiatement et tout se passera bien entre nous.

Mais notre fétichiste du pied dégueu n’a rien voulu entendre, il a sorti Margaux de la douche, l’a posé sur son lit et a commencé à lui aspirer le panard.

Margaux n’a pas réagi. Comment veux-tu faire face à ça de toute façon? T’attends que ça passe, tu penses au moment où tu vas raconter ça à tes copines, tu pries intérieurement pour que le mec n’ait pas de vice encore plus douteux.

Et puis, d’un coup, tu te rends compte que ce barjot a lâché ton pied crade pour te lécher l’anus et là, faut arrêter de déconner. T’as envie d’attraper un bidon de Javel pour lui verser dans la bouche, parce que, dans sa trachée, ça doit être la teuf de la décharge publique.

« Mec, y a deux heures on se faisait la bise pour la première fois et là, tu me lèches l’anus. Le monde va trop vite ».

Ça ne l’a pourtant pas arrêté. Loin de là. En toute détente, le type s’est calé la bite en sandwich entre les pieds de ma copine, qui, à défaut de pouvoir penser, a voulu crever. Enfin, non, pour être exacte, le moment où elle a eu envie de mourir, c’est quand il a joui sur ses pieds tout en les lui mordillant. Ouais, c’est à cet instant qu’elle s’est dit qu’un plan sobre, c’était peut-être mieux qu’une nouveauté déglinguée.


Ma main à couper que, pendant des mois, quand Margaux a regardé ses pieds, elle a pensé au moins une fois à se les faire amputer.

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